Bien sûr j'en rêvais depuis l'adolescence... Le quai d'Ouessant, Barbara sous le porche... Je ne rêvais pas du feu, du fer, du sang... Non... Mais du moment, de l'instant de force, de rage et de couleur. Et de l'odeur du lieu, qui seule, peut-être, était là, peut-être, de l'instant de force pure, la force de l'étreinte, celle du poète...
De cette ville, rien ne reste semble-t-il si ce n'est ce qui devait être gardé, restauré, conservé pour le prestige... Ville martyre ou ville nouvelle ? Je me pose la question, mon regard extérieur et nullement passionnel, mon ignorance de ce qu'est finalement ce lieu, me perturbe... Tous les habitats sont "récents", pas de vielles rues ou alors je ne les ai pas trouvées... Je cherchais un porche, celui de Barbara et ne l'ai pas trouvé. Je n'ai vu aucun porche, seules des fortifications datant probablement de Vauban semblent réelles...
Je suis déçu, je n'ai pas croisé les pas de Barbara et ne rencontrerai donc pas au travers d'elle le grand, très grand bonhomme qui lui a donné vie...
Il pleuvait pourtant...
Par Franck
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Face à l'événement, j'ai voulu prendre du recul... Et puis j'ai lu la presse, regardé les journaux télévisés, cherché sur le net, la toile... Rien ! Rien sur ce fait d'hiver ! Incroyable, je suis un héros et personne pour le dire ! Alors voilà le reportage, les preuves, à vous de juger...
Quand tout a commencé, je buvais un chocolat chaud dans l'appartement de location et pensais au plaisir que serait cet après-midi qui se voulait touristique au plus haut point par l'achat de fromages du coin afin de faire pour le repas du soir une tartiflette ou autre fondue savoyarde... Des rêves de bonheur... Et vlan, un bruit énorme, des secousses, un coup d'oeil par la fenêtre et là, la coulée du millénaire... Incroyable !
Aussitôt, je me dis : là dessous y'a un mec, c'est sûr !
Je me devais de prendre une décision au plus vite... J'entendais l'hélicoptère faire des ronds au dessus, il cherchait...
La décision était prise ! Je devais prendre le matériel et partir au plus vite chercher la ou les victimes probables...
Quelques biscuits, un peu d'eau en cas de fonte trop rapide de la neige, un couvre chef et hop, je suis prêt en moins de deux...
Quelque chose me dit qu'il faut grimper vers ce sommet ! Je sais que ce sera dur, mais je pars quand même...
Rapidement, c'est l'enfer, le froid, le vent, l'enfer...
Un bref rayon de soleil et là, l'idée, la bonne idée : faire un camp de base... Mais j'ai pas de tente alors je repars à la conquête de cette montagne en me disant que rien ne valait plus que la vie de ces deux cents personnes au moins perdues sous cette avalanche, pas même MA vie...
Soudain j'aperçois les secours qui prennent la fuite, abandonnent, les conditions sont trop dures... Je décide de continuer seul, face au vent, au froid, j'ai déjà les orteils des pieds et des mains gelés...
Petit à petit, je me rapproche de la zone... Je sais que le but de ma mission est presque atteint... Je marche sur les genoux, pas le choix, mes pieds et chevilles ont gelé puis cassé à la jonction avec le haut de mes mocassins pourtant tout neufs... Ce n'est rien, je tiens bon...
Enfin je trouve une victime !!! Un type ordonné qui range même ses mains pour ne déranger personne... Après lui, j'en ai trouvé en fait 887 autres, mais c'était des skieurs qui arrivaient suite à la réouverture des pistes...
J'ai redescendu cette victime sur le dos, et ensuite au moyen de cette "remontée" ultra moderne...
Ben voilà quoi ! Si j'suis pas un héros après ça... Bon ben c'est pas parce que c'est moi que la télé doit se taire !
Et puis c'est pas vrai que je suis un menteur !
Même que la deuch c'est vrai !
Par Franck
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Ils en disent